Communiqué de presse du Conseil provincial du 24 mars 2015

Le Canal du Centre historique : l’urgence est à la préservation de ce site classé

 

« Ténébreuse affaire », c’est ainsi que la Députée provinciale Fabienne Capot a qualifié, devant le Conseil provincial, les récents débats autour de la gestion patrimoniale et touristique du Canal du Centre historique, un bien classé par l’Unesco au patrimoine de l’Humanité. Rappelant que pour un tel site, l’urgence est à la préservation plutôt qu’à la transformation en un « objet de marketing », la Députée en charge du tourisme a déploré qu’en dix ans les ascenseurs n’ont cessé de voir leur fonctionnement entravé par des problèmes techniques, une absence de gardiennage et des carences d’entretien « indépendants de la volonté et des responsabilités provinciales ».

Si un plan d’actions et des budgets d’un montant de 14 millions ont été validés fin 2014 par le comité de pilotage des ascenseurs réuni autour des autorités wallonnes, le dossier a pris une autre tournure aujourd’hui. « Le Ministre Prévot remet en cause l’exploitation touristique du site et menace de retirer cette compétence des mains de la Province, constate Fabienne Capot. C’est oublier un peu vite les manquements et dysfonctionnements extérieurs qui ont largement contribué à donner une image négative de nos activités alors que notre personnel multiplie les projets pour ancrer ce site dans une vision moderne du tourisme ».

De nombreux exemples européens montrent que la labellisation Unesco n’est pas synonyme d’explosion du nombre de visiteurs. Elle impose surtout une responsabilité de préservation durable vis-à-vis des générations futures et « de transmission des savoirs », pour reprendre les propos du Conseiller provincial Bernard Liébin. « Ceci implique que les ascenseurs soient maintenus dans leur intégrité technique ! Il revient à la Wallonie d’en assurer le suivi ». Ce bon fonctionnement est une condition essentielle à une politique touristique dont la Province veut améliorer la qualité : le Collège provincial a appelé les ministres concernés à prendre des décisions rapides en termes d’investissement. Il s’est adressé récemment au Ministre-Président de la Wallonie pour que la Province soit associée à une discussion sans tabou sur ce dossier et sur les compétences à y exercer dans un contexte de maintien de l’emploi. « Nous sommes ouverts à la participation de partenaires privés à notre Conseil d’administration des Voies d’Eau du Hainaut », rappelle en outre Fabienne Capot, heureuse d’entendre le Conseiller David Lavaux déclarer que l’intention du gouvernement wallon dans ce dossier est, à son estime, « d’aider la Province ».

 

 

TTIP : la Province exprime ses inquiétudes et lancera une réflexion sur l’influence que pourrait avoir l’accord transatlantique sur ses services

On sait que les négociations portant sur la conclusion, avec les Etats-Unis, d’un « Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement » (TTIP) suscite l’inquiétude de nombreux pouvoirs locaux hainuyers. La Province n’échappe pas à la règle. Dans une motion votée ce 24 mars 2015 par le Conseil provincial, le Hainaut s’inquiète des effets que peut avoir cet accord sur ses missions et sur la gestion des services publics. Le Conseil provincial « refuse toute tentative d’affaiblir le cadre communal, provincial, régional, national ou européen notamment en matière sociale, de culture, de santé, d’agriculture, d’environnement, des droits des travailleurs, des consommateurs et des entreprises ». Serge Hustache, le Président du Collège provincial explique : « Nous nous sommes efforcés de tenir compte de toutes les sensibilités présentes dans cette assemblée. Ce texte réclame donc un débat transparent ainsi qu’un contrôle démocratique. Il condamne, sans ambiguïté, toute atteinte aux services publics et stigmatise le potentiel règlement par un mécanisme privé des différends entre les investisseurs et les autorités publiques ». La motion a été approuvée par le PS, par le MR, qui y voit « une balise indispensable pour les négociations » et par le cdH, pour qui « la préservation du modèle humaniste européen » est essentielle. Ecolo s’est abstenu, considérant que le Hainaut aurait dû se déclarer « hors zone TTIP ». Serge Hustache en a néanmoins appelé Ecolo à adhérer à la poursuite d’une réflexion interne sur les conséquences que la signature de l’accord pourrait avoir sur les services de la Province de Hainaut. Ce jeudi, Il soumettra un projet au Collège provincial en vue d’initier cette démarche et d’impliquer l’administration dans une analyse et un débat sur le sujet. « Nous devrons identifier, très concrètement, en quoi le TTIP pourrait nuire à nos missions d’intérêt général. Je pense notamment à la plus-value que nous apportons en matière d’enseignement et d’éducation permanente, aux politiques de prévention de la santé et aux clauses sociales que nous prévoyons dans nos marchés avec les entreprises de travail adapté ».

Cours de morale et de religion : la position du P.O. provincial

L’arrêt rendu le 12 mars dernier par la Cour constitutionnelle, rendant les cours de religion et de morale non obligatoires dans l’enseignement officiel, a suscité une question d’actualité, posée par le Conseiller provincial Bernard Beugnies, qui s’est inquiété des conséquences de

cet arrêt dans l’enseignement provincial.

La Députée provinciale Annie Taulet, en charge de l’Enseignement obligatoire du Hainaut, a tout d’abord insisté sur le caractère privé du choix d’une religion ou du rejet de toute religion, et a garanti l’acceptation de toute demande de dispense. La Députée a ensuite mis en lumière le débat que ne manque pas d’entraîner la décision de la Cour constitutionnelle. En effet, l’obligation d’organiser encore ces cours n’étant pas remise en cause, il semble primordial de s’interroger sur la pertinence de mettre en place, plutôt que différents cours dont les élèves peuvent se faire dispenser, un cours commun de citoyenneté et d’histoire des courants de pensée religieux et philosophiques.

Selon elle, un tel cours serait susceptible d’améliorer le vivre ensemble, de contribuer à une meilleure compréhension de l’autre, de favoriser la tolérance et le respect mutuel.

Divers projet allant dans le sens de l’ouverture existent d’ailleurs déjà dans l’enseignement provincial : visionnage de la pièce « Djihad » d’Ismaël SaIdi, association des professeurs de religion et de morale pour un cours sur les caricatures, débats, opération « Vivre ensemble », plantation d’un arbre de la tolérance, etc. Preuve que les enseignants provinciaux sont sensibilisés et engagés. Si la création d’un cours de citoyenneté semble s’imposer comme la solution la plus intéressante et enrichissante pour les élèves, son organisation induit divers problèmes à résoudre : comment assurer l’encadrement des élèves durant le temps nécessaire à la mise en place du nouveau cours de citoyenneté, sur quelles bases établir le subventionnent de ce cours, comment définir les titres requis pour enseigner cette nouvelle matière, comment gérer les risques de mise en disponibilité des enseignants actuellement en charge des cours de religion et de morale, et organiser des formations à leur intention, etc.

Autant de questions qui ne manqueront pas de mobiliser tant l’administration que le Conseil provincial durant les prochains mois. A suivre, donc.

See on Scoop.itDialhainaut

A propos Dialogue Hainaut

Dialogue Hainaut : la seule façon d’être informé partout et tout le temps de ce qui se passe dans votre Province ! Reportages, vidéos, photos, news...
Cet article a été publié dans A LA UNE. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s